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Le nucléaire
du futur |
Les concepts de 4ème générationLe forum international « Generation IV » Les systèmes nucléaires du futur une R&D très internationale.Les objectifs visés pour les systèmes du futur, de même que les choix des technologies clé pour les atteindre, font l’objet d’une coopération très active au plan international, notamment dans le cadre du forum « Generation IV ». Prenant conscience de risques de pénurie et de dépendance énergétique à moyen terme, le gouvernement américain, à travers le Department of Energy (DOE), s’est engagé dans un effort de relance des moyens de production en électricité. Dans le domaine de l’énergie nucléaire, cela s’est traduit par deux actions complémentaires :
Méthodologie du choix des orientationstechnologiquesTrois étapes ont déjà été franchies :
Cinq critères pour les systèmes nucléaires du futurD’emblée, une forte convergence s’est affirmée sur les grands objectifs du programme « Generation IV » et sur la démarche. Quatre objectifs principaux (« goal areas ») ont été définis pour caractériser les systèmes du futur. Ils doivent être à la fois :
Une centaine d’ingénieurs et de chercheurs ont participé à la première phase des travaux du forum. Des groupes techniques ont été chargés, pour chaque filière considérée (réacteurs à eau, à gaz, à métal liquide…) de l’évaluation des différents concepts proposés au regard des objectifs et critères retenus, et de l’élaboration des plans de R&D pour les concepts finalement sélectionnés. La méthodologie d’évaluation a été élaborée et affinée par un groupe de travail spécifique qui a décliné en une trentaine de critères élémentaires les quatre grands objectifs de progrès évoqués ci dessus. Des groupes techniques pluridisciplinaires ont identifié les développements nécessaires dans le domaine du combustible, des procédés du cycle, des matériaux, de la sûreté et des produits énergétiques pour les différents systèmes considérés par le forum. Un groupe de coordination a animé l’ensemble de l’activité des groupes techniques et a assuré l’intégration des résultats dans les documents d’étape et la synthèse finale. Les choix réalisés au sein du forumSix systèmes nucléaires ont été sélectionnés, qui peuvent permettre des avancées notables sur les critères énoncés ci-dessus. Ces systèmes permettent d’autres applications que la production d’électricité, telles que la production d’hydrogène ou le dessalement de l’eau de mer. La diversité des besoins à couvrir et des contextes au plan international explique que l’on n’aboutisse pas à un unique système « Generation IV », mais à quelques concepts de systèmes parmi les plus prometteurs, sur lesquels se concentrent désormais les efforts de R&D des pays membres du forum. Carte d’identité des systèmes sélectionnés SFR : « Le sodium amélioré » LFR : « Un concept en plomb » SCWR : « De l’eau, mais supercritique » VHTR : « Faire de l’hydrogène avec de l’hélium ? » GFR : « Du gaz rapide » MSR : « Un système 2 en 1 »La sélection opérée dans l’initiative « Generation IV » suscite plusieurs remarques :
La deuxième étape des travaux du forum est la phase de coopération internationale destinée à consolider la faisabilité des systèmes en levant les verrous technologiques et à valider leurs performances. Elle se met actuellement en place et la France y joue un rôle très actif. Les systèmes dont la faisabilité sera confirmée entreront dans une phase de validation de leurs performances techniques et économiques. L’ensemble de ces travaux aboutira, entre 2015 et 2025 selon le degré d’innovation des systèmes, à un développement et à une maturité technique suffisants, dans la perspective d’un déploiement industriel important à l’horizon 2040. Quelles recherches pour les systèmes nucléaires du futur ?Les recherches sur les systèmes nucléaires du futur doivent s’appuyer sur une modélisation de qualité. Les phénomènes physiques de base sont, la plupart du temps, bien connus, ce qui ne signifie pas que leur modélisation soit facile… Heureusement, le progrès des outils informatiques permet d’envisager des modélisations ambitieuses. Une nouvelle génération de codes de calcul est en cours de développement pour décrire le comportement des systèmes nucléaires : ces plate-formes logicielles utilisent une approche « multiéchelle » (du microscopique au macroscopique) et multidisciplinaire (prenant en compte les interactions entre la neutronique et la thermohydraulique, par exemple). La succession des cycles du combustible associé aux générations
de réacteurs. Exemple de simulationmulti-échelle, appliquée aux matériaux. Dans les réacteurs du futur, les matériaux, en général, et le combustible, en particulier, seront soumis à des conditions sévères, du fait des hautes températures envisagées dans certains concepts de réacteurs, et à cause de l’irradiation par le haut flux de neutrons rapides envisagés dans d’autres. La corrosion est, en général, accélérée à haute température, et ce thème représente un sujet de recherche à part entière. Les dégâts d’irradiation causés dans les matériaux par les neutrons rapides sont qualitativement différents de ceux causés par des neutrons lents, en raison de la possibilité qu’ont les premiers de produire des réactions nucléaires. Les alliages réfractaires et les céramiques, massives ou composites, sont de bons candidats pour les applications nucléaires. Ces matériaux ont fait récemment des progrès spectaculaires et trouvent des applications dans de nombreux domaines industriels, mais leur adaptation aux besoins du nucléaire demandera du travail… Un des verrous importants pour le développement des systèmes nucléaires du futur est le combustible lui-même, qui devra combiner des caractéristiques de résistance mécanique et thermique sous irradiation, tout en respectant des contraintes liées à la neutronique qui restreignent sévèrement la géométrie et les matériaux utilisables. Par exemple, un des plus grands défis dans la réalisation d’un réacteur rapide à caloporteur gaz sera de concevoir un combustible dense et réfractaire. Les concepts « Generation IV » ne sont pas seulement des réacteurs nucléaires : ils sont conçus pour fonctionner avec un cycle du combustible bien déterminé. Le traitement-recyclage du combustible dépend beaucoup de la nature du combustible et de ce que le réacteur peut consommer. C’est pourquoi on ne parle pas de « réacteur » isolé, mais plutôt de « système », pour englober le réacteur et le traitement-recyclage de son combustible. En conséquence, la séparation, l’entreposage et la transmutation des matières nucléaires impliquées dans ces cycles resteront de grands thèmes de recherche… « Generation IV » et les initiatives internationales complémentaires…« INPRO » L’intérêt de ce projet est d’accompagner et de compléter les développements technologiques, comme ceux conduits dans le cadre du forum « Generation IV », là où l’AIEA peut avoir un apport spécifique, par exemple en permettant la participation de nombreux pays, notamment des pays en développement n’utilisant pas encore l’énergie nucléaire mais intéressés à en bénéficier, ou grâce à ses compétences en non-prolifération et contrôles internationaux. Dans un premier temps (phase 1), les objectifs techniques du projet sont de :
Dans un second temps (phase 2), l’AIEA envisage que le projet puisse approfondir la définition des critères et de la méthodologie d’évaluation pour aider les pays membres de l’agence dans leur propre analyse des systèmes nucléaires répondant au mieux à leurs besoins. À la différence du forum « Generation IV », celui-ci n’a pas pour objet de mener des actions techniques de R&D ou de développement de réacteurs et de systèmes innovants. Les réseaux européens « MICANET » et « HTR-TN » L’objectif du réseau européen « MICANET » (« MICHELANGELO Network ») est d’élaborer une stratégie de R&D européenne dans le domaine des systèmes innovants et de contribuer à définir des projets du 6e Programme Cadre européen de R&D en rapport avec l’activité du forum « Generation IV » pour permettre des échanges servant au mieux les intérêts des acteurs européens. Le réseau HTR-TN est plus spécifiquement consacré aux systèmes à caloporteur gaz. Les coopérations bilatérales Les actions de coopération bilatérale avec les États-Unis, le Japon et la Russie ont été redéfinies en 2001 dans le but de réserver une place croissante aux études et développements communs sur la technologie des réacteurs à gaz, l’extrapolation de cette technologie aux neutrons rapides, et le développement des procédés de traitement et de retraitement du combustible, avec recyclage intégral des actinides. La coopération avec les États-Unis conduit, depuis 2002, à travailler à cinq projets communs cofinancés sur ces thèmes (actions « Neri-International » dans le cadre de la coopération CEA-DOE). À terme, quatre de ces projets pourraient intégrer la coopération « Generation IV ». La coopération avec le Japon permet d’approfondir avec JNC (« Japan Nuclear Cycle Development Institute ») la comparaison entre réacteurs à neutrons rapides à caloporteur gaz et à caloporteur sodium, ainsi que de partager avec JAERI (« Japan Atomic Energy Research Institute ») certains développements technologiques (combustibles, matériaux) et des possibilités d’expérimentation sur leur réacteur expérimental HTTR à caloporteur hélium. Les réacteurs à caloporteurs sodium :
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